2024-03-14

Le Réseau des Plateformes Nationales d’ONG d’Afrique Centrale en collaboration avec l’Alliance CIVICUS AGNA ( #AGNAinAction ) sur les Processus électoraux organisés dans les pays de la sous-région

Le Réseau des Plateformes Nationales d’ONG d’Afrique Centrale en collaboration avec l’Alliance CIVICUS AGNA ( #AGNAinAction ) sur les Processus électoraux organisés dans les pays de la sous-région | REPONGAC - Réseau des Plate-formes des ONG de l'Afrique Centrale

Les élections en Afrique centrale ont une dynamique spéciale. Elles sont à l’image « d’un costume que tout Président veut porter sur mesure et à vie ». Chaque président désire modifier les dispositions électorales à sa guise pour satisfaire ses intérêts pour le maintien des rênes du pouvoir.

Résumé

Les élections en Afrique centrale ont une dynamique spéciale. Elles sont à l’image « d’un costume que tout président veut porter sur mesure et à vie ». Chaque président désire modifier les dispositions électorales à sa guise pour satisfaire ses intérêts pour le maintien des rênes du pouvoir. En effet, cette dernière cristallise toutes les inquiétudes, menace la paix civile, la stabilité politique et le développement économique. L’élection étant « le mal africain », il devient ainsi la principale cause du retard et du sous-développement de l’Afrique centrale.

Contexte

L’organisation des élections de façon transparente, libre et crédible dans les pays d’Afrique centrale demeure un défi majeur. Les élections qui étaient considérées comme une voie privilégiée de sortie de crise, de résolution pacifique des conflits et d'expression du pluralisme sont considérées comme un « fonds de commerce », par lequel les candidats et coalitions de partis politiques se permettent d’user de tous les moyens parfois illégaux (violence physique, corruption, concussion, diffamation, fausse promesse, fake news) rien que pour prendre le contrôle du pouvoir afin d’avoir la main mise sur les ressources publiques, et par cette pratique, elles se voient attribuer la responsabilité de la cause principale du retard et du sous-développement des pays d’Afrique centrale.

Les élections, de loin les plus importantes, font l’objet d’une compétition ardue, les chefs d’Etat demeurent des pièces maîtresses des institutions étatiques. Ils sont le centre de gravité autour duquel tous les autres pouvoirs (pouvoirs législatif et judiciaire), tous les organes de régulation et de contre-pouvoirs gravitent. Les élections qui sont conçues comme un produit importé, rendent difficile leur adaptation aux réalités et traditions africaines, d’où la source principale de leur ineffectivité et source de tous conflits.

Les élections organisées dans les conditions où règnent un climat de conflit et de contestation post électorales sont considérées comme une mascarade électorale. La rupture de la paix sociale et l’enlisement des progrès économiques accompagnés de l’accroissement de la pauvreté chronique, du chômage des jeunes, la misère sociale dans une sous-région minée par l’expansion de toutes les épidémies contagieuses, les catastrophes naturelles, les conflits armés des groupes rebelles dans les provinces du Nord et Sud Kivu, Ituri, et les conflits communautaires inter ethniques entre YAKA et TEKE dans le Maï ndombé,…en RDCongo, les manifestations des anglophones et les activités des groupes rebelles et terroristes tels que Boko Haram au Cameroun, au Tchad et en RCA, la révolte armée dans la région du Pool en République du Congo et des problèmes similaires dans d’autres pays, la situation est de toute évidence préoccupante.

Comment renforcer la crédibilité des élections en Afrique?

Pour qu’une élection soit considérée comme crédible, elle doit être transparente, ouverte à tous et enregistrer un taux de participation conséquent. Les différentes fraudes et obstructions au vote (intimidations, achat de conscience, listes électorales incorrectes, etc.) biaisent l’esprit de la démocratie, d’une part parce que les élections ne reflètent pas la volonté populaire et d’autre part parce que les droits fondamentaux des citoyens ne sont pas garantis. De nombreuses contestations électorales sont relatives à ces principes. Elles résultent en général d’un manque de confiance entre les parties prenantes.

La présence d’un observateur neutre peut, dans un premier temps, rassurer à la fois les citoyens et les acteurs politiques quant à la régularité du scrutin. Lors de celui-ci, le personnel de la structure de veille collecte les données et évalue toutes les irrégularités susceptibles d’affecter la transparence et l’intégrité des opérations électorales.

La diffusion d’une information non-partisane permet aux citoyens d’obtenir une vision plus objective des événements ainsi que d’exercer une pression sur les acteurs politiques afin qu’ils se conforment aux règles du jeu électoral. De surcroît, les anomalies remontées par les observateurs font l’objet d’un traitement en temps réel afin de garantir la qualité du processus électoral.

 

Que faire pour atténuer les risques des violences post électorales?

Le processus électoral constitue un défi majeur de sécurité et de stabilité, si bien que l’équilibre social des États de la sous - région semble être lié au bon déroulement des élections. La violence électorale intervient majoritairement lorsque les adversaires politiques ne respectent pas les règles en vigueur ou n’acceptent pas les résultats comme l’expression légitime de la volonté populaire.

Des incidents peuvent survenir à chaque étape du processus électoral. Ceux-ci sont souvent mineurs au début mais leur accumulation peut aboutir à une véritable violence voire une crise politique. Ils peuvent perturber la campagne, les opérations de vote et de dépouillement ou encore menacer l’intégrité physique des citoyens et du personnel électoral. Dans un contexte tendu, chaque dysfonctionnement tel que la non-disponibilité du matériel électoral, le retard dans les bureaux de vote, le non-respect du secret de vote, les tentatives de fraudes,... sont susceptibles de dégénérer en violences. La réactivité dans le traitement de ces anomalies permet de désamorcer les tensions et ainsi prévenir les débordements. De plus, les observateurs s’assurent de la présence de forces de l’ordre près des bureaux de vote afin d’assurer la sécurité et intervenir en cas de problème.

 

L’implication de la société civile

Perçue comme un acteur non-partisan et au service du bien-être de la population, la société civile apparaît incontournable dans la régulation du jeu politique. Elle possède un grand potentiel pour exercer une influence sur les gouvernements et les amener à respecter leurs engagements, néanmoins les OSC présentent des besoins en renforcement organisationnel et institutionnel pour mener à bien leurs missions.

 

Le REPONGAC permet aux OSC de développer des compétences en matière électorale et ainsi de les rendre plus efficaces dans leurs actions. La mise en synergie de ces dernières et la mutualisation de leurs forces, leur fait prendre conscience du poids qu’elles peuvent représenter en menant des actions concertées, et ce même en dehors de la période électorale. La mobilisation des OSC permet de jouer pleinement leur rôle de sensibilisation, de veille, d’alerte mais également de médiation, au long du processus électoral. La Déclaration du sommet de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) d’Istanbul en 1999, stipule que « l’observation électorale peut jouer un rôle important dans le renforcement de la confiance d’un peuple dans le processus électoral ». La réussite des missions d’observation électorale menées par la société civile lui fait acquérir plus de crédibilité et renforce ainsi son implication dans la consolidation du processus de démocratisation à travers les pays d’Afrique Centrale.

 

Par ailleurs, le REPONGAC avec l'Alliance CIVICUS mobilisent toutes organisations des femmes et des jeunes pour l’observation électorale. Cette noble mission nous permettra de s'inscrire dans la lignée de la volonté des organisations internationales de favoriser des mécanismes inclusifs de renforcement de la démocratie dans nos pays respectifs. Les différentes Plateformes membres facilitent la participation active des femmes et des jeunes à la promotion de la paix ainsi qu’à un processus électoral transparent et démocratique et contribuent à la réalisation de plusieurs instruments nationaux, régionaux, globaux de promotion de la paix et de la stabilité en Afrique centrale. Progressivement, ces acteurs (femmes et jeunes) changent leur image de couches vulnérables de la société pour s’imposer comme des protagonistes incontournables du contrôle citoyen pour la bonne gouvernance. Par ailleurs, assurer la participation des jeunes et des femmes à la surveillance électorale peut inciter leurs pairs à participer au vote. 

 

Avec l’avance du numérique, jouant notre rôle dans l’avènement de la démocratisation et de l’éveil des consciences citoyennes. En outre, avec les differents  médias communautaires contribuant aux campagnes de sensibilisation des citoyens à l’éducation civique, aux formations des délégués électoraux représentants des partis politiques pour des meilleures connaissances des pratiques électorales.

En somme, à travers les médias sociaux favorisons la prise de conscience collective, et posons les bases de l’émergence d’une culture démocratique dans nos pays d’Afrique centrale. 

 

La réussite de la collaboration Sud/Sud établie dans le cadre de l’assistance électorale prouve la pertinence du slogan que le Réseau fait sien : « des solutions africaines aux problèmes africains ».

     Une action continue en dehors des périodes électorales : Amplifiez les actions de surveillance des pratiques de bonne gouvernance.