2024-08-18

Le Renforcement de la bonne gouvernance en Afrique Centrale

Le Renforcement de la bonne gouvernance en Afrique Centrale | REPONGAC - Réseau des Plate-formes des ONG de l'Afrique Centrale

Le contexte actuel de l’Afrique Centrale est marqué par une régression démocratique particulièrement sensible depuis plusieurs années, les nombreuses crises et les tensions sociopolitiques croissantes auxquelles sont confrontés la quasi-totalité des pays africains en témoignent.

Renforcement de la gouvernance en Afrique centrale

 

Pour s'assurer d'une bonne gouvernance, CIVICUS AGNA et REPONGAC s’engagent à mener des plaidoyers auprès des Nations Unies, l’Union Africaine et les Communautés Économiques Régionales afin de faire pression à leurs Etats membres pour les amener à ratifier et adopter les nombreux instruments existants relatifs à la bonne gouvernance, le constitutionnalisme et le respect de l’état de droit.

 

Bien que la démocratie soit menacée à l’échelle mondiale, le défi est particulièrement critique en Afrique centrale. Tous les indicateurs internationaux et régionaux de mesure de la gouvernance, de l’état de droit, des progrès du constitutionnalisme, de la démocratie, du respect des droits de l’homme et du développement économique montrent que l’Afrique centrale est la région d’Afrique qui a réalisé le moins de progrès. Il est donc urgent d’agir de façon décisive sur tous les fronts afin d’inverser la tendance avant qu’il ne soit trop tard.

 

Dans un contexte régional marqué par une régression démocratique particulièrement sensible depuis des années, les nombreuses crises et les tensions sociopolitiques croissantes auxquelles sont confrontés toute la quasi-totalité des pays de la région en témoignent.

 

Tous les États d’Afrique centrale sont membres du Système des Nations Unies, de l’Union Africaine et appartiennent chacun à plusieurs communautés économiques régionales (CER) telle que la CEEAC, la CEMAC, la CEPGL, en marge desquelles on trouve le COMESA, la SADC et la CAE, ainsi que les Mécanismes régionaux de certification de la CIRGL,... dont les compétences se recoupent. Ces institutions ont le pouvoir non seulement faire pression sur les Etats membre pour les amener à ratifier et adopter les instruments relatifs à la bonne gouvernance, au constitutionnalisme, au respect de l’état de droit, à la démocratie, et sont également capable de faire le suivi des progrès accomplis et préconiser les actions correctives. 

 

Comment améliorer la gouvernance démocratique

Pour améliorer la gouvernance en Afrique centrale, il faut:

-Un Leadership transformateur : Encourager un leadership visionnaire et responsable qui va favoriser la transparence, l’intégrité et la participation citoyenne

-Le Constitutionnalisme et l'État de droit : Renforcer les institutions juridiques et veiller à l’application cohérente des lois pour garantir la stabilité et la protection des droits fondamentaux

-Une Participation citoyenne : Impliquer activement la société civile dans la prise de décisions et la surveillance des politiques publiques

-Une Autonomie économique : Développer des politiques économiques adaptées à chaque pays, encourager la gestion nationale des ressources naturelles et économiques, et contrôler les avoirs nationaux

-Un renforcement des capacités : Investir dans la formation et le renforcement des compétences des acteurs gouvernementaux et de la société civile.

En somme, une approche holistique, combinant leadership éclairé, respect de l’État de droit et participation active des citoyens, est essentielle pour améliorer la gouvernance en Afrique centrale. 

 

Les difficultés qui entravent la gouvernance démocratique dans la région.

La corruption endémique, les détournements de fonds publics et la mauvaise gestion des abondantes ressources naturelles, placent la région à la traîne dans les classements des indicateurs internationaux de bonne gouvernance, tels que l’Indice Ibrahim de la Gouvernance ou le rapport annuel de Freedom House sur l’état des libertés dans le monde.

La mise en œuvre des réformes pour améliorer la gouvernance dans la région  rencontre plusieurs obstacles :

-La Résistance au changement : Les dirigeants actuels ou les élites peuvent s’opposer aux réformes, craignant de perdre leur pouvoir ou leurs avantages;

-Le Manque de ressources : La mise en place d’institutions solides et la formation des acteurs gouvernementaux nécessitent des ressources financières et humaines considérables;

-L’Instabilité politique : Les conflits internes, les tensions ethniques et les crises politiques entravent la mise en œuvre de ses réformes;

-L’Influence extérieure : Les intérêts géopolitiques et économiques d’autres pays interfèrent avec les efforts de réforme;

-La Faible sensibilisation citoyenne : L’absence de sensibilisation et de mobilisation des citoyens limitent l’efficacité des réformes.

En surmontant ces obstacles, la région peut progresser vers une gouvernance plus transparente, responsable et inclusive.

Les options que peuvent explorer les organisations régionales pour combler les déficits de gouvernance démocratique dans la région 

Tous les États d’Afrique centrale sont membres du Système des Nations Unies, de l’Union Africaine et appartiennent chacun à plusieurs communautés économiques régionales (CER) telle que la CEEAC, la CEMAC, la CEPGL, en marge desquelles on trouve le COMESA, la SADC et la CAE, ainsi que les Mécanismes régionaux de certification de la CIRGL,... dont les compétences se recoupent.

Les multiples façons dont l’UA et les CER pourraient contribuer à combler le déficit de gouvernance démocratique dans la région sont les suivantes :

-Les défis du leadership, de la représentativité et de l’inclusion dans la gouvernance

Pour contribuer à promouvoir un système démocratique durable, il est fondamental de disposer de politiques inclusives qui permettent aux partis d’opposition et aux groupes marginalisés comme les femmes, les jeunes, les minorités ethniques et religieuses de faire entendre leur voix.

-Le renforcement institutionnel 

Il faut mettre l’action sur la nécessité d’assurer l’indépendance de la Justice pour garantir le respect de l'État de droit, ainsi que sur la nécessité de mettre en place des Organes de gestion des élections (OGE) indépendants et financièrement autonomes pour promouvoir la tenue d’élections libres et démocratiques.

-Le renforcement sécuritaire

La sécurité des institutions est la condition préalable indispensable dont le système démocratique a besoin pour fonctionner. Cette sécurité ne peut exister sans des politiques inclusives propres à dissuader les populations frustrées de recourir à la violence pour faire entendre leur voix en déclenchant des coups d'État ou en s’engageant dans la rébellion et la résistance armée.

-Renforcement de la transformation socioéconomique

Pour optimiser et resserrer les liens entre la transition démocratique et les changements socioéconomiques, les pays africains doivent développer des politiques économiques autonomes, adaptées à la situation et au contexte qui leur sont particuliers, encourager de façon proactive les citoyens à s’approprier et contrôler les ressources naturelles et économiques, et appliquer ces politiques de manière à ce que les avoirs et les instruments clés du pays, dont la monnaie, soient sous contrôle national.

Aussi, pour s’assurer d’une amélioration efficace de la gouvernance dans la région, plusieurs autres stratégies peuvent être exploitées :

-Dialogue et négociation : Encourager un dialogue ouvert entre les dirigeants, la société civile et les groupes d’intérêt pour trouver des solutions communes et surmonter la résistance au changement;

-Renforcement des capacités : Investir dans la formation des fonctionnaires, des juges et des responsables politiques pour garantir une mise en œuvre efficace des réformes;

-Transparence et reddition de comptes : Mettre en place des mécanismes de surveillance indépendants et renforcer la transparence dans la gestion des ressources publiques;

-Sensibilisation citoyenne : Éduquer et mobiliser les citoyens sur leurs droits et responsabilités pour qu’ils puissent exiger des comptes aux dirigeants;

-Collaboration régionale : Travailler ensemble avec d’autres pays africains et les organisations régionales pour partager les meilleures pratiques et coordonner les efforts de réforme...

En adoptant ces approches, la région peut progresser vers une gouvernance plus solide et inclusive.

 

Conclusion

Tous les Pays d’Afrique centrale sont membres du Système des Nations Unies, de l’Union Africaine et appartiennent chacun à plusieurs communautés économiques régionales (CER) telle que la CEEAC, la CEMAC, la CEPGL, en marge desquelles on trouve le COMESA, la SADC et la CAE, ainsi que les Mécanismes régionaux de certification de la CIRGL,... dont les compétences se recoupent.

 

Le Système des Nations Unies, l’UA et les CER pourraient non seulement faire pression sur les pays pour les amener à ratifier et adopter les nombreux instruments existants relatifs à la bonne gouvernance, le constitutionnalisme et le respect de l’état de droit, mais qu’ils pourraient également faire le suivi des progrès accomplis et préconiser les actions correctives à entreprendre. 

 

Ainsi, Agnainaction et REPONGAC s’engagent à mener des plaidoyer auprès des Nations Unies, l’Union Africaine et les CER à faire pression sur les pays pour les amener à ratifier et adopter les nombreux instruments existants relatifs à la bonne gouvernance, le constitutionnalisme et le respect de l’état de droit.