2024-10-20

Impacts de gouvernance Numérique et Politique pour la promotion d’un développement durable et inclusif en Afrique centrale

Impacts de gouvernance Numérique et Politique pour la promotion d’un développement durable et inclusif en Afrique centrale | REPONGAC - Réseau des Plate-formes des ONG de l'Afrique Centrale

Alors que la quatrième révolution industrielle décolle, lever les obstacles qui empêchent la majorité de la population d’en tirer profit devient impératif. Réussir la gouvernance numérique pour atténuer ces obstacles politiques en Afrique centrale nécessite une implication de tous

Impacts de gouvernance Numérique et Politique pour la promotion d’un développement durable et inclusif en Afrique centrale

 

Alors que la quatrième révolution industrielle décolle, lever les obstacles politiques qui empêchent la majorité de la population d’en tirer profit devient impératif. 

Réussir la gouvernance numérique en Afrique centrale nécessite une implication de tous 

 

Résumé

Les technologies numériques ont eu un impact considérable sur la gouvernance dans le monde entier. Si l’accès accru aux TIC a facilité la mobilisation politique des citoyens, il présente également des risques pour la sécurité. Les technologies numériques ont permis à certains gouvernements d’étendre leur surveillance des opposants politiques, des journalistes et des militants. Pourtant, les instruments et cadres politiques ne suivent pas l’adoption rapide des technologies numériques et leurs impacts sur les processus démocratiques en Afrique centrale.

Plusieurs défis dont l’Afrique centrale fait face dans les domaines de la gouvernance politique et du Numérique constituent des obstacles majeurs pour son développement. Malgré cela, la volonté commune des gouvernements, entreprises technologiques, des universités et de la société civile d’Afrique centrale visant à combler leur retard et à stimuler le développement socio-économique en utilisant les technologies numériques reste active afin d’améliorer les secteurs comme la démocratie, la santé, l’éducation, le commerce, l’agriculture,... D’où, l’urgence et la nécessité d’adapter les réglementations et les normes mondiales de l’internet pour qu’elles soient plus appropriées au contexte africain. Des exemples précis sont illustrés pour soutenir et renforcer nos recherches. Un engagement fort qui nécessite la promotion et la protection des libertés fondamentales, y compris la liberté d’expression et d’accès à l’information, tant en ligne qu’hors ligne.

 

Introduction

En Afrique centrale, la transformation numérique a un impact significatif sur les conditions de vie de millions de personnes. La multiplication des startups spécialisées dans des domaines stratégiques tels que la démocratie, l’agriculture, la santé, l’éducation, la finance, la logistique, le commerce et le financement croissant qu’elles mobilisent chaque année témoigne d’ailleurs du dynamisme que le numérique apporte dans ces différents secteurs.

Conscients du potentiel de ce cette transformation numérique à promouvoir le développement humain durable, à construire des démocraties stables, des sociétés du savoir inclusives et à améliorer la libre circulation d’informations, d’idées et des opinions à travers le monde. Nous notons avec satisfaction les efforts des Institutions Internationales, régionales, nationales et locales dans le renforcement de la participation des pays africains à sa gouvernance et les discussions sur les politiques publiques, ce qui conduit à la création des Forums sur la gouvernance en Afrique.

Des questions auxquelles il est urgent de répondre dans cet article afin de donner accès à tous les citoyens d’Afrique centrale aux formidables opportunités offertes par la quatrième révolution industrielle sont: Comment contourner les obstacles de la mauvaise gouvernance politique pour réussir la gouvernance numérique en Afrique Centrale? Comment l'Afrique peut réussir sa gouvernance politique et numérique afin de booster son développement? Comment les citoyens africains peuvent-ils influencer cette gouvernance ?

 

Cet article cherche à utiliser une approche comparative non seulement pour identifier les points de convergence et de divergence entre les deux gouvernances, mais elle cherche aussi à explorer les possibilités complémentaires pour promouvoir un développement durable et inclusif en Afrique. Les Programmes à explorer : PRIDA (Policy and Regulation Initiative for Digital Africa) qui visent à renforcer la voix de l’Afrique dans les débats mondiaux sur la gouvernance de l’Internet et de réformes politiques dans des pays africains et le projet CADE (Alliances de la Société Civile pour l’Autonomisation Numérique) pour amplifier les voix des Organisations de la société civile, notamment dans le pays du Sud dans les forums mondiaux de gouvernance de l’internet pour améliorer la transparence et la participation citoyenne.

 

Définition et Cadre Conceptuel 

La Gouvernance numérique se réfère aux processus, politiques et normes qui régissent l’utilisation et la gestion numérique qui inclut la régulation des plateformes, la protection des droits, et l’inclusion numérique qui implique une variété d’acteurs comme les gouvernements, les entreprises technologiques, les universitaires, les organisations de la société civile et les utilisateurs individuels.

Par contre, la gouvernance politique concerne les structures et processus par lesquels les décisions politiques sont prises et mises en œuvre, qui inclut les institutions politiques, les processus électoraux, et la participation citoyenne. 

Les deux types de gouvernance visent à améliorer la qualité de vie des citoyens et à promouvoir le développement économique et social, et nécessitent des cadres réglementaires solides pour fonctionner efficacement.

 

Les fis et enjeux

La gouvernance politique fait face à des défis de corruption affectant la transparence et l’efficacité des institutions publiques; des pratiques de manipulation électorale et d’abus des mandats présidentiels affaiblissant les systèmes démocratiques; de marginalisation des jeunes et des femmes qui limite leur participation aux processus décisionnels; des conflits armés et instabilité politique qui perturbent le développement et la gouvernance efficace; de faiblesse et d’inefficacité des mécanismes régionaux pour la protection des droits humains,... Par contre la gouvernance numérique souffre des disparités dans l’accès à l’Internet, en particulier entre les zones urbaines et rurales qui limitent l’inclusion numérique; d’une manque d’infrastructures adéquates et fiables qui entrave son développement; des menaces croissantes en matière de cybersécurité nécessitant des mesures adéquates de protection plus solides; des lois et régulations existantes qui sont inadéquates pour mieux gérer ces défis de gouvernance; d’un déficit de compétences techniques spécialisées,...

 

2. Analyse de l’Impact sur le Développement Durable et Inclusif

 En assurant un accès équitable à l’Internet, elle peut réduire la fracture numérique et permettre à plus de personnes de participer à l’économie numérique. Favorise l’innovation technologique et peut stimuler la croissance économique en créant de nouvelles opportunités d’emploi et d’entrepreneuriat. Une gouvernance politique efficace peut assurer la stabilité et la sécurité, conditions préalables au développement durable. En encourageant la participation citoyenne, elle peut garantir que les politiques publiques répondent aux besoins et aspirations de la population.

 

3. Complémentarité pour un Développement Durable et Inclusif

Pour promouvoir un développement durable et inclusif, il est crucial que la gouvernance politique et la gouvernance de l’Internet se complètent de manière synergique : Les gouvernements peuvent collaborer avec des entreprises technologiques pour renforcer les capacités locales en matière de gouvernance de l’Internet, ce qui peut améliorer la transparence et l’efficacité des services publics.

En intégrant des politiques d’inclusion numérique dans les stratégies de développement national, les gouvernements peuvent réduire les inégalités et favoriser une participation citoyenne plus large. La protection des droits numériques peut compléter les efforts de la gouvernance politique pour protéger les droits humains, assurant ainsi une société plus juste et équitable. En abordant ces défis de manière intégrée, l’Afrique peut progresser vers un avenir plus stable, prospère et inclusif.

Quelques faits saillants de gouvernance nous amènent à approfondir nos recherches et notre compréhension effective à travers des exemples. Une gouvernance politique efficace assure une stabilité et une sécurité, qui restent des conditions préalables d’un développement durable et inclusif. 

 

Étude de Cas et exemples pratiques

Les exemples ci-dessous illustrent les conséquences négatives et positives que ces deux gouvernances peuvent avoir directement sur la qualité de vie des citoyens, la stabilité du pays, et son développement de façon globale et soulignent l’importance de protéger les droits numériques pour assurer un environnement propice et ouvert. 

 

Exemple de l’Ouganda

Un conflit politique a eu un impact sur la gouvernance de l’Internet en Ouganda lors des élections de 2021. Pendant cette période, le gouvernement Ougandais a ordonné une coupure totale de l’Internet, justifiant cette décision par des préoccupations de sécurité nationale et de prévention de la diffusion de fausses informations.

Ces élections présidentielles ont été marquées par des tensions élevées entre le gouvernement en place et l’opposition. Le président Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986, faisait face à une opposition croissante menée par le candidat Bobi Wine. La décision prise par le gouvernement a été largement condamnée par la communauté internationale, y compris des organisations de défense des droits humains et des gouvernements étrangers. Cette interruption d’Internet a eu des conséquences économiques significatives, perturbant les affaires et services financiers qui dépendent des connexions en ligne. Ce cas a catalysé une mobilisation très accrue des citoyens et des organisations de la société civile pour défendre les droits numériques et plaider pour une gouvernance de l’Internet plus transparente et responsable.

 

Exemple du Kenya 

Le Kenya a connu des périodes d’instabilité politique, notamment pendant des élections de 2007 et 2017 qui ont été marquées par des violences post-électorales et des tensions ethniques. Malgré les défis politiques, le Kenya a démontré une résilience très remarquable en continuant à promouvoir et à développer la gouvernance de l’Internet.

Ainsi, pour renforcer la collaboration et la transparence dans la prise de décisions concernant l’Internet, le Kenya a initié le KIGF (Kenya Internet Governance Forum) afin de rassembler des représentants du gouvernement, du secteur privé, de la société civile et des utilisateurs pour discuter des politiques de l’Internet. 

Par ailleurs, les efforts du Kenya à renforcer les lois pour réguler les services de télécommunication et protéger les données personnelles (KICA) et pour améliorer l’accès à Internet ont permis une plus grande inclusion numérique, offrant des opportunités économiques et éducatives à une majorité plus large de la population. L’organisation des forums et consultations publiques ont renforcé la participation citoyenne dans la gouvernance de l’Internet, assurant que les politiques reflètent les besoins et les préoccupations des utilisateurs.

 

Un excellent exemple de gouvernance politique et d’Internet qui se complètent avec succès est l’Estonie. Un petit pays balte qui a mis en place une infrastructure numérique avancée qui a transformé la manière dont le gouvernement interagit avec ses citoyens, les entreprises et les organisations de la société civile.

 

En intégrant des politiques d’inclusion numérique dans les stratégies de développement national, les gouvernements peuvent réduire les inégalités et favoriser une participation citoyenne plus large afin de garantir les politiques publiques à répondre aux besoins et aspirations des populations. 

 

Le rôle du Repongac 

Le Repongac croit qu’en engageant activement les citoyens dans les différentes activités ci-après, ils peuvent jouer le rôle capital dinfluencer, définir et mettre en œuvre des politiques de gouvernance numérique qui répondent à leurs besoins et aspirations et contribuer ainsi à un engagement communautaire réussi et au développement inclusif en Afrique centrale : Intégrer l’éducation des droits numériques dans les programmes scolaires, Impliquer les parents et les communautés locales dans l’éducation sur les droits numériques, Impliquer davantage la société civile; Participer à des événements comme l’African Internet Governance Forum (AFIGF); S’impliquer dans des initiatives locales comme l’African School on Internet Governance (AFRISIG); Participer aux consultations publiques organisées par les gouvernements et les régulateurs; Travailler avec les organisations de la société civile pour faire du plaidoyer en faveur de politiques qui protègent les droits numériques; Lancer ou soutenir des campagnes de sensibilisation pour informer le public; Utiliser les médias sociaux pour partager des informations, organiser des discussions et mobiliser les citoyens; Utiliser des plateformes en ligne pour des pétitions et attirer l’attention sur des questions spécifiques de gouvernance numérique; Collaborer avec des organisations internationales comme CIVICUS et les autres pour bénéficier de leur expertise; Participer aux forums régionaux et mondiaux de gouvernance numérique pour faire entendre la voix des africains,...

 

Conclusion

L’approche d’une analyse structurée des similitudes et des différences entre les deux gouvernances nous a permis de comprendre comment elles peuvent se compléter afin de promouvoir un développement durable et inclusif dans nos pays en proie à une mauvaise gouvernance. Les exemples de l’Ouganda et du Kenya sont un échantillon qui illustre des problèmes de gouvernance numérique en Afrique. Si l’exemple de l’Ouganda illustre comment les conflits sociopolitiques peuvent directement affecter la gouvernance numérique en soulignant l’importance de protéger les droits numériques pour assurer un environnement propice et ouvert, l’exemple du Kenya nous montre comment cette gouvernance peut surmonter les obstacles politiques et contribuer au développement durable et inclusif. D’où, réussir à surmonter les différents obstacles de gouvernance permettra aux citoyens africains d’intégrer de façon éthique les formidables opportunités offertes par la quatrième révolution industrielle.

En participant aux différents forums régionaux et mondiaux et en organisant les campagnes de plaidoyer, de sensibilisation de façon active, le Repongac cherche à jouer un rôle crucial dans la définition et la mise en œuvre des politiques de gouvernance qui répondent au mieux aux besoins et aspirations des citoyens.

 

References

https://prida.africa/fr/gouvernance-de-l-internet/ 

https://politicsrights.com/fr/politique-internet-ere-numerique/

https://www.apc.org/fr/blog/fgi-2019-le-renforcement-strategique-de-la-gouvernance-dinternet-en-afrique

https://au.int/sites/default/files/newsevents/workingdocuments/33025-wd-african_declaration_on_internet_governance_fr_0.pdf

https://cadeproject.org/events/