2024-06-02
Impact des données et faits probants sur les opérations et politiques dans le contexte affecté par le déplacement forcé des populations en en Afrique Subsaharienne, précisément en RD Congo
L’Afrique subsaharienne précisément la RD Congo, le Soudan du Sud et d’autres font face à des conflits armés, les atteintes aux droits de l’homme, aux catastrophes naturelles pressantes, aux violences multiformes, aux épidémies,...occasionnant des déplacements massifs des populations, entraînant ces pays dans une crise alimentaire, sécuritaire et sanitaire très aiguë, accentuant ainsi une pauvreté extrême des populations.
Résumé
Les pays pauvres et très vulnérables d’Afrique subsaharienne comme la République Démocratique du Congo, le Soudan du Sud et d’autres font face à des conflits armés, des catastrophes naturelles, des phénomènes climatiques pressants, les atteintes aux droits de l’homme, les violences multiformes, les épidémies,...occasionnant des déplacements massifs des populations, entraînant ces pays dans des crises alimentaires, sécuritaires et sanitaires très aiguës, accentuant ainsi une pauvreté extrême des populations.
Le non-respect des lois et politiques établies apportent rarement des solutions adéquates en ce qui concerne les personnes déplacées et leurs réinstallations planifiées.
Renforcer des lois et des politiques est une composante essentielle de l’approche intégrée pour remédier aux déplacements massifs des populations. Et adopter de nouvelles lois et politiques qui ne consistent pas simplement aux déclarations fallacieuses, mais plutôt prescrire des mesures concrètes pour répondre efficacement aux besoins d’assistance et de protection des personnes déplacées ainsi que des communautés d’accueils, et prévoir ainsi un appui à long terme visant à atténuer les risques, à assurer le relèvement et à contribuer à la mise en œuvre de solutions durables.
Contexte
Chaque année, des millions d’africains sont forcés de s’enfuir de chez eux en raison de violences, de conflits armés ou des catastrophes naturelles, qu’il s’agisse d’événements soudains comme conflits armés, des inondations, des éruptions volcaniques, ou des phénomènes à évolution lente en lien avec les changements climatiques.
Les catastrophes d’origine humaine ou naturelle, les atteintes aux droits de l’homme, les violences généralisées, les conflits armés, les épidémies,… sont les principales causes les plus fréquentes qui déplaisent à de nombreux africains.
Les Rapports des Nations Unies et des organisations humanitaires indiquent que, ces dernières années, plus de 7 millions de Congolais ont été déplacés en raison des conflits armés et catastrophes naturelles, faisant de la RDC l’une des crises humanitaires les plus aiguës au monde. Si la grande majorité de ces déplacés se fait à l’intérieur, il convient de noter que la RDC reçoit des réfugiés venant des pays frontaliers et les données disponibles ne permettent pas de déterminer le nombre exact de personnes qui sont passées d’un pays à un autre suite aux conflits armés ou aux catastrophes.
De façon exact, en RDC, les causes des déplacements massifs des populations sont : les conflits armés dans les provinces d’Ituri, Nord et Sud Kivu, les conflits interethniques entre les tribus Téké et Yaka dans les Provinces de Maï Ndombe, Kwilu et Kwango et dans la province du Katanga ; les Catastrophes naturelles comme les éruptions volcaniques dans la province du Nord Kivu, les Inondations, glissements de terrain, vents violents dans la ville province de Kinshasa, en Ituri, au Kasaï, Nord et Sud-Kivu,…
Les conséquences de ces déplacements ont des effets dévastateurs sur les déplacés ainsi que les communautés qui les accueillent. Nombre de ces déplacés ont besoin d’aide et de protection dans des domaines essentiels comme, l’hébergement d’urgence, la santé et le soutien psychosocial, l’accès à l’eau potable et l’assainissement, la protection contre la violence (la violence sexiste), la protection de l’enfance et l’éducation. Ils ont également besoin d’une aide à long terme, par exemple des droits aux terres et à la propriété, afin de se relever et de bénéficier de solutions durables. Enfin, ces déplacements ont des grandes répercussions sur les personnes les plus vulnérables, comme les femmes, les enfants, les personnes âgées, les groupes minoritaires, les personnes handicapées et celles qui présentent des problèmes de santé.
Les faits les plus marquants des déplacements forcés en RDC
La dégradation constante de la situation humanitaire et de protection des déplacés forcés en RDC, est principalement marquée par les violations et abus perpétrés contre ces déplacés dans les camps, des villages d’accueils,... par des attaques armées et/ou les catastrophes naturelles, continue de préoccuper la communauté humanitaire pendant ces dernières années.
Les faits les plus marquants recueillis aux travers des interviews et témoignages des déplacés victimes des violences des droits humains et des violations faites aux personnes vulnérables (femmes, filles, enfants, personnes âgées, handicapés,...) occasionnant ces déplacements massifs et forcés sont les suivants :
-Dans le Grand Nord Kivu, les attaques de présumés éléments ADF contre des civils déplacés dans les camps et les communautés d'accueil. Les conflits de leadership au sein des groupes armés, dans les territoires de Lubero et Béni ainsi que des affrontements réguliers entre deux fractions des Maï-Maï qui continuent à affecter les civils déplacés surtout dans le territoire de Lubero.
-Dans le Petit Nord Kivu, des affrontements entre groupes armés dans le Sud Est et Sud-Ouest de Masisi, des violations à répétition du caractère civil surtout les violences sexuelles des femmes et filles dans les sites des déplacés (PDI) par des acteurs armés de Katale. Dans le Sud de Masisi, des cas d’extorsion du cash distribués aux PDI, des cas d’enlèvements dans le Parc de Virunga et dans les zones de Walikale, des actes de représailles dans la partie Sud-Ouest du Rutshuru. Globalement, le renforcement des groupes armés dans les zones où le retrait de la force EAC était attendu en cas de non-renouvellement de leur mandat, constitue une menace pour la protection des déplacés et des personnes vivant dans ces zones, en particulier dans le Masisi.
-Au Sud-Kivu, l’activisme des groupes armés et les violations des droits humains qui s’en suivent, les incendies dans des sites de déplacés provoqués par la précarité des installations d’abris non durables ainsi que les tensions dues aux conflits fonciers ont causé des ravages au mois d’août 2023.
-Dans la province d’Ituri, principalement dans les territoires de Djugu, Mahagi et Irumu, les éléments des groupes armés CODEC/URDPC, Zaïre et FPIC se sont illustrés par des attaques des villages et des embuscades sur les axes routiers assorties de meurtres, de coups et blessures, de pillages, d’enlèvements et d’incendies contre les déplacés et leurs biens. Par ailleurs, les éléments du groupe armé ADF se sont particulièrement montrés actifs dans le territoire d’Irumu, notamment dans la zone de santé de Komanda, et dans le territoire de Mambasa, particulièrement dans la zone de santé de Mandima, où les actes d’enlèvements, de meurtres, de coups et blessures et de pillages des biens des populations déplacées et des communautés vivants dans ces zones leurs sont attribués.
-La poursuite des conflits entre les Yaka et les Téké dans le territoire de Kwamouth entraînant des déplacements forcés des populations et l’activisme de miliciens Mobondo dans les provinces du Kwango, Kwilu et Maï-Ndombe perpétrant des atrocités dans des villages.
-Dans les provinces du Kasaï, Kasaï-Central et Kasaï-Oriental : l’arrivée de Congolais expulsés d’Angola pour situation irrégulière provoque des conflits intra et intercommunautaires cycliques qui influent négativement sur la cohabitation pacifique et provoquent des cycles de déplacements forcés des populations avec, entre autres conséquences, un accroissement de la vulnérabilité des populations. Il s’agit notamment de conflits de pouvoir coutumier, de conflits fonciers et d’une constante augmentation des cas d’enlèvements (notamment de mineurs) dans les provinces du Kasaï (Tshikapa) Kasaï-Central (Kananga) et Kasaï Oriental (Mbuji-Mayi).
-La persistance des conflits intercommunautaires dans les territoires de Kalemie (zones de santé de Nyemba) et de Moba (zones de santé de Kansimba) dans le Tanganyika. Les acteurs du monitoring de protection des déplacés forcés ont rapporté environ 18,835 violations et incidents en août 2023.
Environ 10,545 violations des droits humains dont 335 alertes de violences basées sur le genre ont été documentées dans les territoires (respectivement Kalehe, Uvira, Mwenga, Walungu, Shabunda et Fizi) dans la province d’Ituri. Une hausse générale de 3,660 cas par rapport au mois de juillet 2023 (avec 6,885 cas) est ainsi constatée, soit 53.15 %.
-Les catastrophes naturelles et les épidémies causent énormément des déplacements forcés et des dommages humains et matériels, elles engendrent des conséquences socio-économiques, politiques et culturelles dans l’ensemble des provinces en RDC et partout ailleurs dans les pays d’Afrique subsaharien comme les éruptions volcaniques, les inondations, les glissements de terrain, les vents violents,... et les maladies endémiques telle que la fièvre hémorragique d’Ebola, le choléra, le virus du singe,...
Au regard de ce qui précède, le présent article , vise à dénoncer toutes formes de violences faites aux déplacés et les conséquences socio-économiques, politiques qui en résultent à travers les actions d’information, formation et communication dans l’objectif de lutter contre les normes sociales préjudiciables aux droits de l’homme, des femmes et des filles et de renforcer leurs rôles dans la prévention et la dénonciation des cas de violences identifiés dans leurs milieux en vue de contribuer à l’application des lois visant à améliorer la protection des personnes déplacées de force et à tirer parti de la prise de décisions de ces dernières à différents niveaux qui peuvent être engagées dans des mécanismes de responsabilisation.
Ainsi, dans le but de répondre efficacement à ce défi, la RDC avait adopté des lois, des politiques ou des stratégies relatives à la protection des personnes déplacées de forces. Des instruments orientent les autorités Congolaise et les autres parties impliquées dans l’intervention, et ces outils garantissent les droits des PDI, tels qu’ils ont été définis en 1998 par les Nations Unies.
En tant qu'auxiliaire des pouvoirs publics en Afrique Centrale, et du fait de notre ancrage dans les communautés à la base que nous servons, le Repongac est mieux placé pour :
1) mener des activités de sensibilisation en faveur des personnes victimes des déplacements forcés;
2) plaider en faveur de l’adoption de lois et de politiques plus solides en matière de gestion des risques de conflits armés et autres aléas, qui garantissent la préparation juridique aux conflits et apportent des solutions aux déplacés des conflits armés et des catastrophes naturelles.
Conclusion
Le déplacement forcé est un phénomène qui pose des défis énormes en Afrique Subsaharienne et en RDC, il détruit tous les secteurs de la vie, menace le bien-être et le fonctionnement des institutions, des communautés et a des effets profonds sur le développement socio-économique et politique des pays. Parler du développement dans un pays très souvent victime des déplacements forcés des populations pendant plus de 30 ans est un véritable défi pour les autorités congolaises, et cela nécessite une implication tout azimut de toutes les parties prenantes pour un développement efficace et durable.